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Claude Ruben ancien directeur de RFO, puis de l'ICA et animateur de nombreuses émissions sur TNTV est décédé jeudi matin des suites d'une longue maladie. Nous lui rendons hommage en vous proposant de visionner le best of de "Ainsi soit-il", l'une de ses émissions "coup de poing" sur TNTV.
Regarder le best of de "Ainsi soit-il"...
Regarder le Zigzags consacré à Monseigneur Coppenrath...
Regarder le best of de Zigzags
Avec les aimables autorisations de RFO et TNTV
Claude Ruben, l'homme de télé
Claude RUBEN est né le 6 juin 1941 à Oran en Algérie. Avant de devenir l'homme de télé que l'on connait, Claude Ruben tente la comédie et suit les cours Florent à Paris dans les années 60, il y rencontre Alain Deviègre qu'il retrouvera bien des années après à Tahiti. Claude joue les jeunes premiers dans des séries télévisées de l’ORTF: «Les jeunes années» (1965) , puis «Allo Police». Quelques années de galère, Claude fait des publicités pour la radio, des «ménages» puis se tourne vers l’information. En 1966, il travaille pour Europe 1 puis enchaîne dans les années 70 avec RMC, France Inter et revient à la télé. Responsable d’édition de «Samedi et demi» présentée par Jean Pierre Elkabach, il produit également «Les chemins de la renommées» (1978), «C’est la vie» (1978), et anime plusieurs émissions dont les titres appartiennent à l'histoire de la télévision française «A bout portant » (1974), « Les visiteurs du mercredi » (1976) aux côtés de Dorothée et Claude Pierrard, « Restez donc avec nous le mardi " (1977), « Le regard des femmes » (1978), « 30 millions d’amis » (1978), « Au plaisir du samedi » (1980), ou encore « Féminin présent » (1981).

Claude effectue son premier séjour à Tahiti de mars 1987 à août 1989 en qualité de Chef du Bureau artistique. Il anime alors l'émission "On en parle..." qui restera dans les annales de la télévision en Polynésie, puis il est affecté à Nouméa. Retour à Tahiti où il est nommé Directeur régional de RFO Polynésie le 1er août 1995. Il produit et anime avec l’ICA l’émission «Zigzags» (1996-1998) ou les personnalités politiques et culturelles du Fenua sont soumises à la question.
Puis se seront les années ICA et TNTV. A l'ICA, il lance la production des émissions «Ui Ados», «Qui quoi caisse», «Tao Vahine», «A tomo mai», «Questions à...» et anime les émissions «Etat des lieux », « Ainsi soit-il » et "The Ruben Show". Il fourmille d'idées, est un débateur né, mais son esprit caustique ne plaît pas à tout le monde...
Claude RUBEN s’en est allé…(communiqué de TNTV)
Notre ami et confrère Claude RUBEN nous a quitté aujourd’hui aux environs de midi à l’âge de 67 ans. La maladie l’a emporté sur son lit d’hôpital à Mamao où il était entré il y a presque trois mois. Bien que déjà affaibli, Claude avait gardé secret la maladie qui le rongeait, afin de terminer la saison de son émission « Ligne ouverte ». Il avait terminé en beauté, en recevant Miss Tahiti et ses dauphines. Cette émission sera rediffusée ce soir en hommage à Claude à 19H… Le dernier clin d’œil de Claude à cette Polynésie qu’il affectionnait tant.
Claude RUBEN était un grand professionnel. Il a débuté sa carrière voilà 42 ans. Il aura exercé son talent d’animateur et de débatteur sur les plus grands médias hexagonaux : Europe 1, Radio Monte Carlo, France Inter, TF1, puis RFO et TNTV. Il aura été tour à tour, animateur présentateur, producteur, journaliste, conseiller et directeur.
Claude était un professionnel exigeant et rigoureux. Il voulait le meilleur. Sa grande culture, son ouverture aux autres lui ont permis d’aborder tous les thèmes, sans tabu. Il osait déranger, bousculer et n’aimait pas ce qui était convenu. Sa grande culture était doublée d’une vraie sensibilité et comme il le disait lui-même, il aimait ausculter l’âme humaine jusque dans ses moindres recoins. Il maniait aussi l’humour, mais toujours avec le respect de l’autre. Il partageait très volontiers ses expériences et son savoir faire, il aimait transmettre. Il a beaucoup transmis aux jeunes de TNTV, espérant prolonger à travers eux sa passion de la télévision. Claude a su imposer un style, le sien, à nul autre pareil. On l’aimait où on ne l’aimait pas, mais il ne laissait pas indifférent. C’était un professionnel.
Bien qu’il ait dépassé l’âge de la retraite, la direction de TNTV lui avait demandé d’assurer l’émission « Ligne ouverte ». Un défi qu’il a redressé avec joie et passion, tant il n’aurait jamais supporté de vivre loin de l’ambiance des plateaux de télévision. Il a affronté avec dignité sa maladie, désireux de préserver jusqu’au bout l’image positive et souriante que nous pouvions avoir de lui. C’est elle que nous garderons.
TNTV, mais au-delà, le monde de l’audiovisuel, perd un grand professionnel, talentueux et attachant. Pour le personnel de TNTV dont beaucoup l’appelait affectueusement « Papa » ou « Papi », c’est une grande perte. Notre seule consolation est de savoir qu’il aura pu vivre sa passion jusqu’au bout de sa vie et qu’il est parti sans souffrir. Lui qui aimait « comprendre les âmes et les cœurs » et qui se demandait souvent ce qu’il y avait au-delà de la mort, connaît aujourd’hui la réponse.
A sa compagne Ghislaine, à ses proches amis qui étaient sa seule famille, la direction et le personnel de TNTV adressent ses sincères condoléances.
Zigzags
Il y a quelques années, l’ICA réalisait un best of de son émission « Zigzags ». Claude avait demandé à Christine Bourne de présenter cette émission sans concession, surtout pour lui, extraits :
"CLAUDE RUBEN aussi souvent honni qu'apprécié est né à... le ... à trois heures du matin. A quelques années près ne chipotons pas. Cet homme mûr, a lancé son émission, la première du genre à Tahiti, de la même façon que s'il s'était lancé dans le ratissage du Népal. Personne ne savait jusqu'où ce "maître" pouvait aller. On a même pensé, un moment au rapatriement sanitaire, tant il se sentait confusément coupable de laisser les téléspectateurs croupir dans leur solitude. C'est pourquoi il mit son talent et son ego au service du public.
Certains l'ont pris pour une poule mouillée cachant sa faiblesse sous de méchantes questions, les traits renfrognés et l'œil égrillard ou perfide. Ah, non ! Pas "mouillé" parce que dans mouillé, il y a tombé à l'eau et cela, il le réserve à ses invités. Des kamikazes !
Sans amours métaphysiques, sans traumatismes passionnels, ni ambitions fulgurantes, Claude Ruben pousse ses cobayes-faire-valoirs, non pas dans des petits bonheurs à sa taille mais dans l'effroi ravageur que procure à l'oisillon choisi… le jeu de la vérité.
Car son émission, c'est vrai, aurait pu s'appeler, non pas zig-sags, nom qui fait penser à une revue "gay" plumes et paillettes, le "zig" et le "zag", mais bien plutôt "effeuillage". On l'aura compris un style perfectionné de déstabilisation programmée par inquisition verbale et vérité avouée. Car en télé, tout le monde le sait, il convient d'être politiquement correcte et savamment hypocrite. De la même façon, comme disait Déforges qu'on ne dit plus "avortement" mais une interruption volontaire de grossesse afin de ménager l'amour propre du fœtus ! Ruben, justement a su passer le cap, sans ménagement aucun il vous accroche la bête au plus bas de son cortex, je n'ai pas dit de son caleçon et vous tire son cobaye sur huit colonnes à la une pendant une heure. (...)
L'un dans l'autre, il a tout de même réussi son coup. Car apprécié ou détesté, on regardait Zigzags et l'audimat a joué la grimpette." (...)
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